Culture du Vietnam

Le Vietnam - pays des religions

Le Vietnam - pays des religions

Nov, 30 2016 Culture du Vietnam
Le Vietnam compte des adeptes de toutes les grandes religions du monde, ainsi que de religions typiquement vietnamiennes : Christianisme, Islam, protestant, caodaisme...
L'hindouisme
Les divinités hindoues apparurent dans les sanctuaires chams de My Son, au IVè siècle. De nos jours, les Chams de la région de Phan Rang-Phan Ri dans le delta du Mékong, pratiquent une forme d'hindouisme hybride. Ils observent certains rituels en l'honneur des trois divinités qui, selon la forme populaire du brahmanisme, sont identifiées à l'absolu cosmique : Brahma (associé au principe de la création de l'univers), Vishnou (qui symbolise le principe de la conservation) et Shiva (associé au principe de la destruction), vénéré sous la forme phallique du linga.
 
L'islam
La communauté musulmane du Vietnam ne compte plus que quelques milliers de fidèles, Khmers et Chams pour la plupart, soit environ 0,5 % de la population. Une stèle datant du Xè siècle, et portant des inscriptions en langue arabe, est le plus ancien témoignage de la présence musulmane sur le sol vietnamien. Ce pilier fut trouvé près de la ville côtière de Phan Rang.
 Les Chams musulmans sont pour la plupart établis autour de Chau Doc, dans le delta du Mékong. Ils ne pratiquent toutefois qu'un islam assez peu orthodoxe. Ainsi, ils ne prient qu'une fois par semaine, le vendredi, au lieu d'accomplir les cinq prières quotidiennes requises, ne mangent pas de porc mais boivent de l'alcool, n'effectuent pas le pèlerinage à La Mecque et n'observent le ramadan (jeûne annuel d'un mois) que trois jours durant. De plus, ils ne possèdent que de rares exemplaires du Coran et même leurs chefs religieux lisent l'arabe avec difficulté. Enfin, les Chams célèbrent aussi bien des rituels inspirés de l'islam que des cultes animistes ou hindous.
 
Le christianisme
Bien que des missionnaires occidentaux se soient rendus brièvement au Tonkin en 1533, et en Annam en 1596, ce ne fut qu'en 1615 que des dominicains portugais fondèrent les premières missions catholiques à Hoi An, Danang et Hanoi. Les premiers prêtres vietnamiens devaient être ordonnés en 1668.
Mais cette religion étrangère, qui menaçait les fondements mêmes de la société vietnamienne en considérant le culte du Ciel et celui des Ancêtres comme des pratiques superstitieuses, ne pouvait qu'inquiéter l'élite mandarinale. Dès 1630, la dynastie des Trinh publia le premier d'une série d'édits proscrivant le christianisme. Tout au long du XVIIIè siècle, les Trinh et les Nguyen menèrent une politique fluctuante, alternant persécutions et tolérance religieuse. C'est à cette époque de troubles que le missionnaire jésuite Alexandre de Rhodes mit au point le quoc ngu, ou romanisation de l'écriture vietnamienne, encore utilisé de nos jours.
Mgr Pigneau de Behaine, évêque d'Adran, joua un rôle déterminant dans l'histoire, tant religieuse que politique du Vietnam. Il aida Nguyen Anh dans sa politique de reconquête du pays et, sous le règne du fondateur de la dynastie des Nguyen (1802-1820), les chrétiens jouirent d'une totale liberté religieuse.
Il n'en alla pas de même pour ses successeurs, très attachés à l'idéologie confucéenne. Minh Mang (1820-1841) interdit en 1825 l'entrée de missionnaires chrétiens sur le territoire vietnamien. Thieu Tri (1841-1847) se montra plus tolérant, mais Tu Duc (1848-1883) fit persécuter les chrétiens. Ces prises de position intransigeantes fournirent un prétexte aux Français pour leur intervention au Vietnam. Par le traité signé en 1862 avec la France, Tu Duc reconnut le libre exercice du culte catholique au Vietnam, mais les persécutions reprirent de plus belle entre 1882 et 1884. Elles devaient cesser en 1885, quand la France eut conquis tout le pays.
 Les chrétiens du Vietnam purent dès lors pratiquer leur religion sans être inquiétés. Les congrégations s'implantèrent, ouvrant des écoles, des hôpitaux, et l'Église s'organisa. En 1939, on estimait à cent mille le nombre de catholiques, sur une population de dix-huit millions de Vietnamiens.
Toutefois, l'avènement de la république démocratique du Vietnam, en 1954, devait changer la face des choses : sur les huit cent mille Nord-Vietnamiens qui s'enfuirent vers le sud, six cent mille étaient catholiques. Depuis 1975, la liberté de culte est théoriquement garantie, mais il n'en demeure pas moins que le nombre des ordinations est limité et que toutes les écoles catholiques ont été laïcisées. A l'heure actuelle, le Vietnam compte environ cinq millions de catholiques.
Le protestantisme fit son entrée au Vietnam en 1911. Cette communauté recrute la plupart de ses fidèles (environ deux cent mille) parmi les tribus montagnardes du Centre. Comme celle des prêtres catholiques, l'activité des pasteurs protestants est aujourd'hui limitée par le gouvernement.
 
Le caodaïsme
Le caodaïsme fut fondé en 1921 par Ngo Van Chieu, petit fonctionnaire de l'administration coloniale né en 1878 à Cholon. En 1919, lors d'une séance de spiritisme, le Seigneur tout-puissant aurait révélé à ce dernier sa vocation religieuse et lui aurait enjoint de rechercher assidûment le Dao, ou la Voie. L'intérêt qu'éprouvait Ngo Van Chieu pour l'occultisme l'amena à consacrer une grande partie de son temps à la méditation et à participer à de nombreuses séances de spiritisme. C'est au cours de l'une de ces séances, en 1921, qu'un « esprit supérieur » se manifesta et lui révéla être Cao Dai, le Palais ou l'Être suprême. Ngo Van Chieu commença son œuvre d'évangélisation à Saigon en 1925. Dans la nuit de Noël 1925, des fonctionnaires vietnamiens se réunirent pour invoquer les esprits. Cao Dai leur apparut et leur annonça l'avènement d'une nouvelle religion, dont Ngo Van Chieu devait être le chef suprême. Mais ce dernier refusa de diriger la secte et Le Van Trung, membre du Conseil colonial de Cochinchine, fut désigné comme « pape » du caodaïsme. Le 7 octobre 1926, reconnu par les autorités coloniales, le caodaïsme acquit le statut de religion officielle.
 
Hoa Hao, le « retour à la pureté »
Comme le caodaïsme, la secte Hoa Hao est originaire du Sud-Vietnam. Huynh Phu So, son fondateur, naquit en 1919, dans province de Chau Doc. Alors qu'il était encore adolescent, il souffrit d'une long et mystérieuse maladie, apparemment incurable. Son père, persuadé qu'il est possédé par un démon, l'envoya à la pagode de Tra Son, près du mont That Son, où il recouvra miraculeusement la santé et suivit les enseignements de maître Xom.
 À la mort du maître, Huynh Phu So rentra dans son village natal. Une nuit d'orage, il entra en transe et, lorsqu’il reprit conscience, décida de réformer le bouddhisme. Il fonda une secte baptisée Phat Giao Hoa Hao, hoa hao signifiant « la paix et la bonté ».
À l'encontre du caodaïsme, le mouvement Hoa Hao dédaignait les cérémonies solennelles et les dons d'offrandes, et prêchait le retour à la pureté originelle du bouddhisme par la simple pratique de la prière, de la méditation et du jeûne. Partant du principe que la foi de chacun comptait plus que l'observance d'un rituel, il décida de supprimer les temples et le clergé, afin de simplifier les rapports entre les fidèles et la divinité.
Cette secte qui prônait la piété filiale, la recherche de la vertu, des valeurs fraternelles et nationalistes fit en quelques années plus d'un million d'adeptes, et Huynh Phu So fut bientôt surnommé Phat Song, le « Bouddha vivant ».

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